Quatre-vingts secondes ce matin pour saluer la mémoire de Michel Serres. Avec lui disparaît un philosophe, évidemment, mais aussi une figure familière, peut-être même familiale, de la sagesse.

Michel Serres
Michel Serres © Getty / Ulf Andersen

Michel Serres

Sa voix, son accent, son regard étaient ceux d’un grand-oncle ou d’un grand-père. Et puis, dans une époque de clivages brutaux, d’invectives, de mélancolie pour tous les paradis perdus et fantasmés, Michel Serres restera le dernier optimiste du débat public français.

Cet optimisme, Michel Serres le revendiquait avec humour alors que ce n’est pas un rôle facile en France où, disait-il, l’optimiste appartient au mieux à la famille des naïfs et des doux rêveurs, en vérité à la cohorte des imbéciles et des simples d’esprit. Mais comme il le disait à Ali Baddou il y a dix jours dans Questions politiques, l’optimisme sert en fait à agir, à se retrousser les manches. C’est ce qui l’avait poussé à écrire Le Contrat naturel, en essayant de repenser le droit à l’heure de la catastrophe écologique dont l’aggravation avait fini par conduire ce grand optimiste vers le pessimisme.

Michel Serres laisse une œuvre aussi vaste qu’une bibliothèque, marquée par une curiosité dont on se dit qu’elle devait habiter les grands savants des siècles passés. La presse lui rend hommage ce matin, France Inter aussi : La tête au carré et L’Heure bleue aujourd’hui, Grand bien vous fasse mercredi. 

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