Ce matin, c’est la rentrée des classes ; Nicolas Demorand a donc choisi de parler de l’accord avec l’auxiliaire avoir.

La langue française évoluerait-elle bientôt  avec une simplification de l'accord avec l'auxiliaire avoir ?
La langue française évoluerait-elle bientôt avec une simplification de l'accord avec l'auxiliaire avoir ? © Getty / princessdlaf

Nouvelles règles de la langue française

Bon courage aux écoliers qui vont devoir apprendre et appliquer cette règle qui veut que : « employé avec l’auxiliaire avoir » donc, « le participé passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct quand celui-ci le précède. Mais si le complément suit le participe, il reste invariable ». Même à nos âges augustes, il nous arrive de nous planter, et à la radio ça s’entend.

Libération publie ce matin une tribune visant à simplifier cette règle. Nous n’écririons plus « les crêpes que j’ai mang-ées » mais « les crêpes que j’ai mang-é ». C’est le très sérieux Conseil de la langue française et de la politique linguistique de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui, avec de nombreuses autres instances, recommande cette simplification. Les Belges prennent la main car, dit la tribune avec perfidie :

L’Académie française n’étant pas composée de linguistes, [elle] n’est jamais parvenue à produire une grammaire décente.

Mais pourquoi ? 

D’abord parce que l’origine de la règle n’est que très rarement connue, elle remonte au Moyen-Âge, et ne peut donc être expliquée. Ensuite, l’orthographe est une chose vivante à moins de considérer que nous parlions une langue morte.

À l’heure où les formes rares du subjonctif sont une espèce menacée, que le pronostic vital du passé simple est engagé, une telle simplification de la règle d’accord risque de faire jaser. 

D’ici là, avec le retour en force de la dictée voulue par le ministère cette rentrée, vont comme nous leurs aînés continuer à s’arracher les cheveux. 

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.