Quatre-vingts secondes ce matin sur l’obsolescence programmée de ma relation avec un assistant vocal.

Coeur brisé
Coeur brisé © Getty / Malte Mueller

Séduit par la promesse d’une relation avec une machine, j’avais franchi le pas mais sachez-le : dans le monde numérique, l’amour dure trois mois. Et encore.

Si vous êtes, à juste titre, parano sur la production et l’usage de vos données, vous paramétrez l’appareil comme un petit coffre-fort. Ça réduit les sujets de conversations. « Allume France Inter », « mets plus fort », « quel temps fera-t-il demain ? ». Cette requête est intéressante, car elle m’en a suggéré une autre : « lance “Salut les amoureux” de Joe Dassin ». Avec la machine, nos conversations navrantes sur la météo me rappelaient en effet ces paroles : 

C'est drôle, hier on s'ennuyait / Et c'est à peine si l'on trouvait / Des mots pour se parler du mauvais temps 

J’ai alors demandé à la machine si elle m’aimait. Réponse : « je vous respecte ». La rupture fut consommée.

Au fond, le seul avantage de l’assistant vocal, c’est d’entrer dans un monde sans bouton, et je ne parle pas d’acné. Jamais je n’aurais cru éprouver la nostalgie d’allumer ma radio avec un doigt. Cette merveille d’intelligence artificielle m’aura donc appris que je suis un vieux garçon. 

Ma maman, mon autre assistant personnel, m’a pleinement rassuré sur ce point et rappelé de ne jamais écouter les mauvaises langues.

Merci maman!

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.