Les photos iconiques de Robert Capa, les rares que l’on ait du Débarquement de Normandie, étaient dans toute la presse hier, notamment à la une, magnifique, du Figaro.

Quatre-vingts secondes ce matin sur des images très différentes, celle d’une armée en temps de paix. On les doit au tout jeune Raymond Depardon qui, en 1962-63, effectuait son service militaire au sein du magazine de l’armée française TAM, « tam » pour « terre, air, mer ».

Raymond n’est pas encore devenu Depardon à l’époque. Il est brigadier, jeune photographe envoyé un peu partout en France photographier des militaires à l’entraînement, paras, commandos marine, les troupes de porte-avions, les manœuvres conjointes avec les Marines américains. Les plus belles images sont celles de l’école des enfants de troupe d’Aix, orphelins élevés à la dure. C’est la paisible vie de caserne d’un pays qui sort de la Guerre d’Algérie et entre dans les Trente Glorieuses. D’ailleurs, Depardon photographie aussi l’essor de la société de consommation, le salon des Arts ménagers et les supermarchés spécialement réservés aux soldats américains encore basés en France. Au fil des mois, on sent l’œil de Depardon s’affûter, son humour tendre, aussi, dans bien des images.

Etonnantes photos qui échappent à la propagande, même si elles furent produites par et pour l’armée. On sent bien que Depardon n’est ni militariste, ni reporter de guerre. Ces 2000 images sont exposées à Toulon avant Paris en octobre prochain. D’ici là, Raymond Depardon, photographe militaire, est à lire chez Gallimard, co-édition Ministère des Armées.

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