Quatre-vingts secondes ce matin sur le très long portrait que le NYT consacre à un utilisateur de la plateforme parmi des centaines de millions d’autres.

C’est l’histoire banale d’un jeune homme, blanc, en échec scolaire, sans perspective professionnelle ou sociale. Il est désœuvré, il aime bien les jeux vidéo et trompe donc son ennui sur YouTube.

De fil en aiguille, au hasard de quelques clics, il se retrouve exposé aux « influenceurs » qui défendent les thèses de la guerre culturelle menée contre l’Occident, en danger de mort et de « grand remplacement », avec, selon les chapelles, la complicité des élites et des gouvernements. Par la grâce de l’algorithme de la plateforme, notre jeune homme se trouve rapidement happé par l’immense production « alt-right », complotiste, plus ou moins ouvertement raciste, misogyne, anti-islam et j’en passe. Le jeune homme isolé est désormais membre d’une communauté virtuelle infinie, une secte informelle aux multiples gourous.

Le NYT donne une idée de sa consommation en ligne, des milliers d’heures passées dans cet univers, une idée aussi du type de message auquel il est confronté. Il y aura dans sa vie un point de bascule qui le fera, avec la même frénésie, rejoindre le camp politique d’en face.

L’article est fascinant parce qu’au fond il ne dresse pas le portrait d’un individu banal mais celui d’une catégorie entière de la population qui découvre ainsi la politique en ligne. Comment ce continent s’articulera-t-il à la démocratie représentative, quel effet aura-t-il sur elle ? L’une des grandes questions de l’époque.

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