Quatre-vingts secondes pour vous dire que le journalisme, notamment sportif, touche parfois au grand art et tout simplement à la « littérature ».

Francis Joyon, navigateur et skipper français, vainqueur de la Route du Rhum 2018 (Pointe-à-Pitre, France, 12 novembre 2018)
Francis Joyon, navigateur et skipper français, vainqueur de la Route du Rhum 2018 (Pointe-à-Pitre, France, 12 novembre 2018) © AFP / Loïc Venance

Exemple avec compte rendu de la Route du Rhum dans _Le Monde_d’aujourd’hui signé Jean-Louis Le Touzet.

Honneur au vaincu, d’abord, le numéro 2, François Gabart, 35 ans, « lointain cousin de l’étoile polaire et du Grand Véhicule, (…) bébé criminel, blond vénitien, aimable, courtois, ingénieur (…). Il avait (…) tué en 2012 le Vendée Globe d’un coup sec, en renvoyant l’adversité quinquagénaire d’alors (…) à la maison de repos. » 

Maintenant le vainqueur, Francis Joyon, 62 ans : « lui, c’est vraiment autre chose. Grand, fort, lourd. Solitaire comme Moïse qui aurait été habillé et chaussé par l’armée. (…) A terre, c’est un homme qui va lentement. Il va si lentement qu’il donne l’impression de ne pas bouger. En mer, c’est autre chose. C’est un papillon de 95 kg. (…) Sourire énigmatique de bouddha, mains énormes, force herculéenne, sens marin exceptionnel (…) Il parle une langue morte, celle des chiffonniers des mers, des rafistoleurs, des ferrailleurs des pontons. Il a aussi chaviré mais ce n’en fait aucunement un tueur de bateaux. Il en connaît le prix : c’est lui qui les répare. »

Lisez ce papier de Jean-Louis Le Touzet, même si vous ne connaissez rien à la voile, c’est une merveille de la première à la dernière ligne. 

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