Quatre-vingts secondes ce matin pour revenir sur les violences dont des journalistes ont été victimes en marge de l’acte 9 de la mobilisation des Gilets jaunes.

Un journaliste couvrant les manifestations des gilets jaunes le samedi 8 décembre 2018
Un journaliste couvrant les manifestations des gilets jaunes le samedi 8 décembre 2018 © AFP / Alain Jocard

Ce fut un samedi de haine, un samedi de honte et de violence.

A Rouen, l’agent de sécurité d’une équipe de LCI se retrouve au sol, littéralement lynché par la foule. 

A Toulouse, une journaliste de La Dépêche, seule dans sa voiture, est entourée de Gilets jaunes qui la menacent de viol, rapporte un rédacteur en chef adjoint du quotidien. 

A Pau, un journaliste télé est frappé en plein direct. 

A Toulon, deux journalistes de l’AFP sont menacés, obligés de se réfugier dans un commerce. 

Des journaux sont empêchés de sortir ou d’être distribués, L’Yonne Républicaine, _La République du Centre_, 20.000 exemplaires de La Voix du Nord

Et puis à Bourges, c’est une équipe de BFM qui est interceptée par des Gilets jaunes qui leur interdisent l’accès au terrain et les raccompagnent à la gare, en entonnant le chant de la quenelle. La vidéo Facebook n’est plus en ligne.

Qu’on ne se méprenne pas sur mes propos : si des Gilets jaunes sont à l’origine de ces actes, d’autres Gilets jaunes ont sauvé, parfois au sens strict, certains de ces journalistes. 

Qu’on ne se méprenne pas non plus : aucun corporatisme de ma part, la critique du journalisme est légitime et utile, elle fait pleinement partie du débat démocratique. Mais ce qu’on a vu samedi n’a rien à voir avec la critique des médias. Il s’agit d’une forme de haine particulière à l’encontre d’un rouage de la démocratie. Il faut regarder en face et dénoncer ces signaux faibles qui, samedi, sont devenus spectaculaires et assourdissants.

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