Quatre-vingts secondes ce matin sur un livre passionnant et formellement étrange, ni vraiment livre d’histoire, ni vraiment enquête journalistique mais pile au carrefour des deux.

Une foule de 40 000 spectateurs regarde des livres "non-allemands" écrits par des auteurs considérés comme non-conformes à l'idéologie nazie, brûlés sur l'Opernplatz, à Berlin, le 10 mai 1933.
Une foule de 40 000 spectateurs regarde des livres "non-allemands" écrits par des auteurs considérés comme non-conformes à l'idéologie nazie, brûlés sur l'Opernplatz, à Berlin, le 10 mai 1933. © Getty / Keystone

Le critique médias Daniel Schneidermann tire le fil d’une interrogation qui a surgi chez les journalistes américains après l’élection de Donald Trump : qu’avons-nous raté, pas vu venir ? A quoi comparer ce qui arrive ? Les années 1930 ? Et si l’Histoire se répétait ?

Au diable le point Godwin, Schneidermann prend ses questions de front et part en « exploration » chez les nombreux journalistes de la presse étrangère en poste à Berlin lors de l’accession au pouvoir d’Hitler, puis jusqu’à la guerre. Comment travaillaient-ils ? Quelles étaient leurs relations avec les sources officielles, c’est-à-dire les nazis ? Pourquoi ont-ils été aveugles à l’antisémitisme d’état qui s’est mis en place durant ces années et tellement prudents, abstraits, lorsque l’extermination des Juifs a été mise en œuvre ? Pourquoi n’ont-ils rien dit, ou presque ?

Ces questions sont vertigineuses, le point d’arrivée du livre n’a d’ailleurs plus rien à voir avec Trump, son point de départ. Prenez le temps de lire ce Berlin, 1933. La presse internationale face à Hitler, de Daniel Schneidermann aux éditions du Seuil. C’est un livre qui vous prend, un livre important sur l’histoire et le journalisme. Important et bouleversant car c’est aussi « un livre de ma mère ». 

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