Quatre-vingts secondes ce matin sur une drôle d’autobiographie qui ne s’appuie pas sur le souvenir de faits, de dates, de grands ou petits moments de la vie mais sur le souvenir des lectures faites enfant.

"Seuls les enfants savent lire", un beau livre, émouvant et drôle, de Michel Zinc
"Seuls les enfants savent lire", un beau livre, émouvant et drôle, de Michel Zinc © Getty / Peter Cade

On la doit à Michel Zink, grand spécialiste de la littérature médiévale. Dans Seuls les enfants savent lire, il s’est astreint, sans jamais les toucher ni les relire, à essayer de comprendre ce qui a pu le fasciner, le modeler, dans ses lectures de prime jeunesse, par exemple Tom Sawyer et Huckleberry Finn de Mark Twain, ou la Comtesse de Ségur. 

L’hypothèse qu’il n’ait rien compris à ces livres est à prendre au sérieux et c’est tout le sujet : 

même ce que l’enfant ne comprend pas, il le comprend mieux que quand il le comprendra

C’est un livre drôle, malicieux, intelligent. Un livre émouvant aussi car il décrit la fascination absolue de l’enfant qui lit, coupé du monde, entièrement emporté, captivé par la page. L’enfance, c’est l’âge du lecteur et de la lectrice absolus. La description du long calvaire de la stupidité qui débute à l’adolescence jusqu’au grand âge est géniale de drôlerie.

Faites l’expérience, essayez de vous souvenir de vos lectures d’enfance et de ce qu’elles suscitaient en vous. Cet exercice est le plus beau cadeau que nous fait Michel Zink dans Seuls les enfants savent lire, republié aux Belles Lettres.

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Seuls les enfants savent lireest publié aux Belles Lettres

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