Des milliers de jeunes Algériens protestent contre un cinquième mandat de Bouteflika. Pourquoi ces manifestations dans un pays qui ne bougeait plus ? L’écrivain algérien Kamel Daoud livre son analyse sur le site du Point, et c'est à découvrir…

Les manifestants algériens tiennent une pancarte avec le symbole d'un homme en fauteuil roulant (représentant leur président) lors d'une manifestation contre la candidature du président algérien pour un cinquième mandat, le 22 février 2019 à Alger.
Les manifestants algériens tiennent une pancarte avec le symbole d'un homme en fauteuil roulant (représentant leur président) lors d'une manifestation contre la candidature du président algérien pour un cinquième mandat, le 22 février 2019 à Alger. © AFP / Ryad Kramdi

« Nekkaz, nous ne sommes pas bien » : c'est le slogan que crient des milliers de jeunes Algériens qui protestent contre un cinquième mandat de Bouteflika… Et ils hurlent le nom de son concurrent : Rachid Nekkaz. Celui qui attire les foules partout où il passe… On l’admire, on se filme avec lui.

Je vous conseille de lire l’analyse de l’écrivain Kamel Daoud sur ce qui se joue dans son pays. C’est en ligne sur le site du « Point » et c’est passionnant… Il y décrit « la machine du Vieux ». Le pouvoir d'un clan qui s’exerce par la force et par la manipulation des syndromes qui paralysent les imaginaires des algériens : la guerre d'indépendance et la décennie noire. 

Alors pourquoi ces manifestations dans un pays qui ne bougeait plus ? Parce que le clan Bouteflika et ses hommes de main ont oublié la jeunesse algérienne. Cette génération sur laquelle la légitimité de la décolonisation ou le chantage des années 1990 ne fonctionnent pas : ils sont nés après. Eux qu’on ne peut pas effrayer par une mémoire qu’ils n’ont pas. 

Le héros de ces jeunes : Rachid Nekkaz. Kamel Daoud en fait le portrait en clown de 47 ans. Il décrypte aussi la méthode Nekkaz : un smartphone, une légende mise en scène et diffusée sur les réseaux sociaux… Mais aussi une présence physique, un corps qu’il a montré partout dans le pays alors que Bouteflika n’était plus qu’une image. 

Conclusion de Kamel Daoud sur une Algérie en plein paradoxe : Nekkaz est une image d’Internet devenue réelle. Bouteflika une réalité qui est devenue une image. Entre les deux, le second est le plus virtuel. 

♪ Extrait Khaled qui chante "Wahrane", Oran, pour le clin d'oeil à la ville de Kamel Daoud. 

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