80 secondes ce matin pour vous parler de Serena Williams, l’immense championne américaine de tennis, l’une des plus grandes de tous les temps.

Elle joue magnifiquement bien, elle a marqué l’histoire de son sport mais elle vient d’être rappelée à l’ordre, morigénée comme une gamine par le président de la Fédération Française de Tennis, un certain Bernard Giudicelli.

En cause, une tenue de la championne, spectaculaire, dans un tissu noir brillant, moulant, une tenue grâce à laquelle Serena Williams dit se sentir « comme une princesse guerrière. J’ai toujours voulu être une super-héroïne ».

Mais non, à Roland Garros en 2019, elle ne pourra pas s’habiller comme elle veut. « Ça ne sera plus accepté, il faut respecter le jeu et l’endroit, tout le monde a envie de profiter de cet écrin » qu’est le tournoi disserte doctement le président de la FFT. Une question « d’émotion » aussi. Pour les joueuses c’est donc jupette sobre ou pas de tournoi. 

Trop long, trop court, trop original, trop classique : on conteste encore aux femmes le droit de s’habiller comme elles veulent, au nom de règles définies évidemment par les hommes. Et si d’autres polémiques de ce genre ont déjà existé, si d’autres tournois sont sourcilleux sur la tenue des joueurs et des joueuses, s’il faut sans doute imposer de la discrétion aux sponsors, cette bouffée machiste n’est fondée sur aucun règlement interne, juste sur le bon plaisir du patron. 

D’autant que la carrière de Serena Williams a toujours été accompagnée d’un autre registre de critiques… Non plus le sexisme mais le racisme sur son corps trop musclé, son explosivité décrite comme une marque d’animalité, quand ce n’est pas carrément la Vénus Hottentote qui ressurgit de manière consciente ou non. Très bon article du site Vox sur le sujet.

L’élégance de cette histoire, elle est venue de Serena Williams qui n’a pas voulu polémiquer. Un panache qui signe évidemment la classe ultime d’une grande championne.

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