Quatre-vingts secondes ce matin sur le départ à la retraite, à 66 ans, de Gérard Araud, ambassadeur de France en poste aux États-Unis depuis cinq ans, à l’ONU à New York puis à Washington.

Gérard Araud, ambassadeur de France aux USA
Gérard Araud, ambassadeur de France aux USA © Getty / Amanda Edwards

L’événement pourrait sembler microscopique mais, chose étonnante, il a donné lieu à un long article du Guardian et, ce week-end, à un billet du New York Times signé d’une très grande plume du quotidien, Maureen Dowd. 

Dans une sorte de chronique à la fois mondaine et politique, Maureen Dowd se souvient des grandes fêtes que l’ambassadeur donnait en sa résidence. Elle souligne aussi combien Gérard Araud et son compagnon tranchaient calmement sur une Amérique de plus en plus conservatrice quant à l’homosexualité. Elle insiste enfin sur la liberté de ton, parfois aux limites de ce que peut dire un diplomate, dans l’analyse de ce qu’est le trumpisme. Gérard Araud fait aussi un parallèle intéressant entre Barack Obama et Emmanuel Macron, deux présidents hyper-rationnels, perçus parfois comme moralisateurs et ayant sous-estimé l’état de fusion dans lequel se trouvaient les citoyens des deux pays. Leur élégance et leur minceur n’arrangeant pas les choses.

Gérard Araud est un grand utilisateur de Twitter, ses messages étaient le plus souvent des défenses ciselées de la France, dans le torrent d’approximations ou d’intox qui se déversent sur les réseaux. Il écrit ses mémoires et vivra désormais à New York. 

Extrait du portrait de l'ambassadeur par Maureen Dowd

"The diplomat, whose career spanned Reagan to Trump, played de Tocqueville for me, analyzing our Trump hysteria: “I’m using the Chinese saying, ‘When the finger is showing the moon, the fool is looking at the finger and the wise man at the moon.’ In a sense, Trump is the finger. I do think Washington, D.C., is much too obsessed by the finger and should look at the crisis” revealed by the 2016 election."

(Traduction : Le diplomate, dont la carrière s'étend de Reagan à Trump, a cité le rôle de Tocqueville pour moi, analysant notre hystérie de Trump : « J'utilise le dicton chinois 'Quand le doigt montre la lune, le fou regarde le doigt et le sage à la lune.' Dans un sens, Trump est le doigt. Je pense que Washington D.C., est beaucoup trop obsédé par le doigt et devrait regarder la crise  » révélée par l'élection de 2016).

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