Pourquoi un « homme public » est-il paré de toutes les vertus quand « une femme publique » n’en a aucune ? Quatre-vingts secondes ce matin sur un petit livre co-signé Jean-Loup Chiflet et Marie Deveaux.

Les deux auteurs de "#balancetonmot" s’intéressent aux mots et au machisme qu’ils véhiculent
Les deux auteurs de "#balancetonmot" s’intéressent aux mots et au machisme qu’ils véhiculent © Getty

Si le sexisme de la grammaire est bien connu et objet de nombreux débats, parfois très vifs, les auteurs s’intéressent ici aux mots et au machisme qu’ils véhiculent.

Les exemples sont nombreux : 

  • des mots qui n’ont pas de féminin, « gentleman », « bébé », « nourrisson », « nouveau-né » 
  • des métiers qui, à l’inverse, n’ont pas de masculin, « sage-femme », « bonne », « chambrière », « dame de compagnie »
  • Les adjectifs : une femme « bonne » est sexuellement désirable selon le Robert alors qu’un « homme bon » est moralement admirable.
  • Sans même parler du suffixe « -asse », qui donne « grognasse, radasse, blondasse, pétasse » et j’en passe. Même un homme qui n’en fout pas une est « une grosse feignasse » ! 
  • « Nymphomane » est intéressant aussi parce que très commun, beaucoup plus que son masculin possible « satyriasis » auquel on préfère Dom Juan, autrement plus chic

Remarquable petit lexique, un livre politique en réalité. 

Je vous ai épargné le registre animal, très fourni, et le recueil de citations, gratinées. #balancetonmot est publié chez Plon, cosigné Jean-Loup Chiflet et Marie Deveaux.

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