Quatre-vingts secondes ce matin sur le nouveau livre de Bret Easton Ellis, qui a fait polémique avant même sa publication, quand seul était connu le titre provisoire, long de trois mots : "White Privileged Man". Mais trois mots, à notre époque, suffisent largement à allumer le bûcher.

Bret Easton Ellis lors d'une signature de son nouveau livre "White" le 19 avril 2019 en Floride
Bret Easton Ellis lors d'une signature de son nouveau livre "White" le 19 avril 2019 en Floride © AFP / Johnny Louis

C’est d’ailleurs le cœur du livre : décrire un monde, le nôtre, polarisé à l’extrême où l’idéologie (progressiste) et la morale (de gauche) étouffent démarche créatrice et débat esthétique. Où ces mêmes valeurs, pour peu que vous soyez artiste et que vous ne les respectiez pas, peuvent vous conduire au pilori. Le livre est une pierre de plus dans une littérature déjà abondante aux Etats-Unis depuis la victoire de Donald Trump et qui cherche à comprendre la déroute électorale de la gauche américaine. Mais Ellis n’est ni philosophe, ni sociologue, c’est un esthète, un dandy provocateur, une partie du livre ressemble d’ailleurs à une conversation mondaine et paradoxale, dilettante, parfois floue sur les faits. Il n’empêche : le livre touche un nerf et fait bondir. Il oblige à penser, d’abord contre soi-même.

Les plus belles pages sont sur l’enfance dans les années 1970, les plus intéressantes sur la genèse de ce roman culte que fut American Psycho. White de Bret Easton Ellis est publié chez Robert Laffont, il sort jeudi. On aurait préféré un roman mais ce bras d’honneur d’un écrivain devenu conservateur à 50 et quelques balais est, je dois le dire, plus que réjouissant. 

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