La présidentielle américaine devrait avoir lieu dans un peu plus de 150 jours, sur fond d’épidémie de COVID-19, de crise économique sans précédent et, vous l’entendiez dans le journal à l’instant, d’émeutes raciales dans certaines grandes villes du pays.

Quatre-vingts secondes ce matin sur l’article publié en ligne par le professeur de journalisme Jay Rosen. Comme il y a de fortes chances que la campagne électorale de 2020 ressemble, peut-être en pire, à celle de 2016, comment la couvrir sur le plan journalistique pour éviter les erreurs de la précédente ?

Jay Rosen propose aux grands médias non pas d’être partisans mais civiques. Défendre les institutions, l’équilibre des pouvoirs. Encourager à la participation. Densifier intellectuellement les débats et les questions posées aux candidats. Pour ce faire, et c’est là que ça se complique sérieusement, il faudrait rompre avec quelques lois non écrites du journalisme politique américain, parmi lesquelles la croyance que tout ce que dit le Président est de l’information ; la prime à la controverse par rapport aux enjeux de fond ; la couverture d’un débat même fondé sur des arguments faux, etc. 

Que ces biais journalistiques se dissipent par magie en 150 jours est… optimiste, voire utopique. D’où la tonalité générale de cette réflexion, certaine que Trump saura, une fois de plus, diriger la machine médiatique à son profit. 

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