En ce jour de Toussaint, évoquons "Relire le relié", le livre posthume du philosophe Michel Serres et qui paraît ces jours-ci… Émouvant de parcourir les dernières pages qu’il a écrites au soir de sa vie. Il y est question de religion, de Dieu, mais aussi de funérailles et notamment celles de Johnny et de Lady Di.

Michel Serres chez lui
Michel Serres chez lui © AFP / Manuel Cohen

Nous avons tous encore les images en tête des funérailles de Johnny et de Lady Di, des cérémonies semblables et qui relèvent de ce que les anciens Romains appelaient des apothéoses, c’est-à-dire des moments collectifs où "nous vîmes", écrit Michel Serres, "la foule les changer en dieux". 

Pour Johnny comme pour Lady Di, qui se souciait vraiment des prières et de ce qui se passait dans l’Eglise ? L’essentiel se jouait sur les écrans et les réseaux sociaux, devant des millions de personnes.

Michel Serres : 

L’énorme machine médiatique occupée à modeler une idole, repoussait à presque rien le Dieu du monothéisme. Les funérailles de Johnny, de la princesse Diana étaient des spectacles. Et ce à quoi nous assistions dans ces deux cas était cette victoire sans appel de la machine à fabriquer des dieux, cette machine formidable pour produire des moments de communion. 

Conclusion de Michel Serres et on l'imagine sourire en écrivant ces mots : "quelle chance de voir si clairement faux" dans sa puissance, le faux dans toute son intensité, si facile et probable qu'il produit un accord collectif sans faille...

« Relire le relié » de Michel Serres est publié aux éditions Le Pommier. 

Extrait "Que je t'aime" de Johnny Hallyday

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