Avec l’épidémie de COVID, avec les confinements, les couvre-feux, les quarantaines et les frontières fermées, le secteur du tourisme est à l’arrêt et les voyages reportés aux jours meilleurs.

Pour ne pas totalement perdre contact avec le monde, quatre-vingts secondes ce matin sur la parade imaginée par la section voyage et tourisme du New York Times qui ouvre ses colonnes à des photoreportages pour de grandes traversés immobiles.

Dépaysement garanti avec les écoles les plus reculées de Patagonie, la pêche à la mouche dans le Montana, la vie isolée dans la vaste Sibérie, ou ce marché, tenu par des femmes en Inde. Mais le dernier reportage est un voyage d’un autre genre, qui part à la recherche des traces architecturales de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. C’est la petite fenêtre incongrue sur le flan d’un drive-in rutilant, où les Noirs étaient servis. C’est un escalier de secours au dos d’un cinéma, l’entrée pour les spectateurs Noirs qui se rendaient au balcon. Dans un bar tout à fait banal, la cloison qui séparait les blancs et les Noirs est toujours là, pour témoigner. Ici, un autre drive-in, le dernier endroit où deux jeunes Noirs furent aperçus vivants en 1964. Enlevés par le Ku Klux Klan, on les retrouvera torturés et noyés.

La force de ce reportage tient au fait que la plupart de ces lieux ne sont pas des lieux de mémoire au sens strict. Non, ce sont des traces partiellement effacées et les cicatrices d’un passé qui ne passe toujours pas. « Les fantômes de la ségrégation » :  ce reportage de Richard Frishman est a retrouvé ici

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