Chirurgical, FFP2, grand public certifié AFNOR, dans la rue, au boulot, dans ce studio : en quelques mois à peine, à cause du COVID, nous sommes entrés dans une « société du masque ».

L'ère du masque
L'ère du masque © Getty

Quatre-vingts secondes ce matin sur cette nouveauté fulgurante dont l’historien Hervé Mazurel cherche à mesurer l’intensité et les conséquences.

Nous voici demi-visages, partiellement illisibles, empêchés de faire « grise mine », « bonne » ou « piètre figure », de « sauver » ou de « perdre la face », sans même parler de sourire ou d’offrir son visage à une rencontre. « Sans expression », incapables de « deviner les intentions » ou « les émotions » d’autrui, nous avons, avec le masque, perdu « l’authenticité ». Les mots qu’emploie Hervé Mazurel sont forts. Mais qui n’a pas éprouvé ce qu’il appelle « l’atrophie de la vie des sensations », la « mutilation sourde et attristante de la sensibilité » ? Et cette impression de vivre dans « un hôpital à ciel ouvert » et non pas « au beau milieu d’un carnaval géant » où, après tout, le masque est une fête ?

 Dans cette société du masque, seuls les misanthropes sont à l’aise note Hervé Mazurel, avec ironie. Il parie aussi, dans les mois à venir, sur « l’extension symbolique du domaine du clin d’œil ». Pourquoi pas ? On s’en contentera en attendant d’être vacciné. « A bout de souffle ? La société du masque » est à lire dans le quotidien d’idées AOC.

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