La fracture entre les gouvernants et les gouvernés. La défiance envers les élites. Vous me direz : rien de neuf sous le soleil de 2020. Oui, mais si au lieu de chroniquer les guerres d'égo - Griveaux-Villani à Paris, Kimelfeld-Collomb à Lyon - on trouvait des solutions pour soigner notre démocratie ?

Et si on faisait vraiment de la politique grâce aux municipales ?
Et si on faisait vraiment de la politique grâce aux municipales ? © Getty / Michel GILE/Gamma-Rapho

Ce sera l'enjeu de cette année, avec les municipales. Aux dernières, en 2014, plus d'un électeur sur 3 ne s'est pas rendu aux urnes : c'est dire le malaise. Mais on peut aussi décider de faire autrement.

Le site d'investigation Médiacité a publié un Manifeste signé par plusieurs personnalités : le politologue Loïc Blondiaux, la philosophe et sociologue Dominique Méda ou encore l'économiste Julia Cagé pour ne citer qu'eux... C'est un état des lieux de tout ce qui ne va pas, mais c'est aussi un plateau avec de nombreuses solutions. 25 au total.

Exemple ? On sait que le nerf de la guerre, c'est l'argent. Or, quand Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, récolte plus de 235 000 euros de dons au dernier scrutin, ça pose évidemment quelques questions. D'autant que les noms de ces "généreux" donateurs restent confidentiels. Ce sont des particuliers, mais on ne sait pas qui se cache derrière. Impossible de savoir si cet argent privé ne débouche pas in fine sur des pratiques clientélistes ou de potentiels conflits d'intérêts. Et comment vérifier qu'en échange d'un gros chèque, il n'y a pas un marché public à la clé ? Lever l'anonymat à partir d'une certaine somme, c'est une solution. Elle existe déjà un peu partout sauf chez nous : c'est 200 dollars par exemple aux Etats-Unis, 5 000 euros en Italie et en Allemagne.

Le Manifeste propose aussi davantage de contre-pouvoirs : que les conseillers municipaux puissent révoquer le maire, que les élus intercommunaux soient élus au suffrage direct, ou encore que des jurys populaires soient tirés au sort pour que tous les habitants participent aux décisions.

Ou comment inventer d'autres manières de pratiquer simplement la politique ? Après tout, politique ne vient-il pas du mot polis en grec :  les affaires de la cité... Les affaires de tous.

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