C’est un historien original qui travaille, pour le dire vite et sans doute mal, sur l’écriture — correspondances, écrits intimes, archives, tatouages et, car le sujet est infini, tous ces mots, ces messages qui traversent ou s’inscrivent sur les murs des villes.

Quatre-vingts secondes ce matin sur La Banderole de Philippe Artières — un objet si banal qu’on finit par ne plus le voir et parfois ne plus le lire.

La banderole a pour lointains ancêtres « la bannière, le drapeau, l’étendard, l’enseigne, l’oriflamme » — autant de « signes de ralliement à une même cause ». Il y a du civil, du militaire et du sacré dans la banderole qui change de mains au XXe siècle et devient un objet politique et social, dans les cortèges et les manifestations. On la trouve aussi dans les stades mais pas toutes les banderoles, pas tous les messages, le règlement de certaines arènes est parfois vétilleux sur le sujet. Un mouvement comme Act Up en réinventera les codes et les usages, dans le cadre de la lutte contre le SIDA.

Petit livre passionnant, donc, que La Banderole, réédité dans la collection « Leçons de choses » aux éditions Autrement. Artières publie par ailleurs un micro-livre sur la signature, la signature du philosophe Michel Foucault apposée sur des pétitions, des appels et des lettres ouvertes. 

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.