C’est une page tragique de l’histoire de la ville d’Atlanta, aux Etats-Unis.

Quatre-vingts secondes ce matin sur la série documentaire Atlanta’s Missing and Murdered: The Lost Children qui raconte le traumatisme que furent la disparition et le meurtre d’au moins trente enfants, adolescents et jeunes adultes noirs, entre 1979 et 1981.

Retour à l’âge de pierre de la police scientifique avec une enquête qui patine dès les premières disparitions d’enfants. Accepter qu’il y a un lien entre elles, est le fruit d’un dur combat mené par les mères de ces enfants, regroupées dans un collectif qui harcèle les policiers et les autorités, qui les met face à leurs faiblesses ou leur incompétence. L’acharnement des mères, l’ampleur des enlèvements et le nombre de morts finit par percer le mur de l’indifférence et l’affaire devient nationale. 

Le documentaire nous replonge dans le contexte politique de l’époque — le maire noir d’Atlanta qui cherche à construire une ville attractive, à même d’attirer des entreprises et des capitaux, projets bousculé par cette vague meurtrière. A l’échelle du pays, c’est la question du deux poids deux mesures qui se trouve posée : si ces enfants avaient été blancs, l’enquête aurait-elle traîné à ce point ? Quant à la justice, certes elle passe, mais en laissant les plaies ouvertes.

 C’est un bon documentaire, nourri d’archives et des témoignages des familles et des enquêteurs. Atlanta’s Missing and Murdered est disponible sur la plateforme OCS.

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