C’est un exercice de transparence et un engagement politique. Quatre-vingts secondes ce matin sur la décision prise en milieu de semaine dernière par le grand quotidien The Guardian de bannir la publicité venue du secteur des énergies fossiles — pétrole et gaz.

Le Guardian dit vouloir mettre en cohérence sa politique commerciale et sa ligne éditoriale — le quotidien britannique couvre la crise climatique avec ampleur, profondeur et, dans ses enquêtes, agressivité. Il a par ailleurs fait évoluer son lexique en bannissant « changement climatique » et « réchauffement climatique », expressions désormais trop faibles pour décrire la crise qui frappe la planète. Sur la publicité, le Guardian estime donc que la communication du secteur des énergies fossiles est de l’ordre du « greenwashing » et qu’elle entretient une confusion sur les effets exacts de ces entreprises.

Une telle décision a un coût pour un journal dont le modèle économique repose encore à 40% sur la publicité. Le quotidien répond d’ailleurs avec franchise à ses lecteurs qu’il n’a pas les moyens aujourd’hui de se passer de la publicité automobile, sauf à réduire le nombre de ses journalistes et affaiblir la qualité de son offre. Il reste donc du chemin à faire mais il sera intéressant de voir si la position du Guardian fera jurisprudence dans le monde des médias.

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