Quatre-vingts secondes ce matin pour comprendre cette impression de ne plus rien comprendre à une réforme, à un débat de société, à une situation géopolitique.

Manifestation contre la reforme des retraites, et le recours au 49.3. France, Tours, 2020/03/03.
Manifestation contre la reforme des retraites, et le recours au 49.3. France, Tours, 2020/03/03. © AFP / Thibault Jandot / Hans Lucas

C’est le philosophe, Mathias Girel, qui analyse très sérieusement ce gros soupir désabusé qu’il nous arrive de pousser avant de passer à autre chose. 

Le philosophe s’intéresse à ce qu’on pourrait appeler l’organisation de la confusion. C’est-à-dire les stratégies mises en œuvre pour qu’un débat ne produise pas de la clarté ou une certitude partagée mais au contraire un bazar tel qu’il n’est plus possible de savoir, et encore moins de comprendre, de quoi on parle. L’amateurisme, une réforme bâclée ou mal ficelée peut avoir cet effet. Mais la confusion peut aussi être un art de gouverner, de diviser, dans le but de produire d’épais nuages de doute, d’incertitude et finalement de désintérêt. Si je n’y comprends plus rien, à quoi bon m’intéresser encore à la politique ?

L’analyse est utile parce qu’elle complète celle sur l’info et l’infox, les news et les fake news. Plus subtile que la désinformation grossière, la confusion, qu’elle soit « recherchée », « entretenue » ou « accidentelle » attaque la démocratie de l’intérieur. En empêchant le citoyen de se faire une idée, elle l’encourage à ne plus se considérer comme citoyen. 

► Infox et confusion, retour sur un angle mort de Mathias Girel est à lire sur le site AOC

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