Vous le savez, les librairies ont été fermées pendant le confinement et rouvriront lundi prochain.

Quatre-vingts secondes, en attendant, sur les livres numériques dont les ventes ont fortement augmenté ces huit dernières semaines — c’était encore le moyen le plus facile d’acheter des livres.

L’offre est évidemment infinie mais vous la payez au prix fort. La fixation du prix du livre numérique est incompréhensible. On ne compte plus les livres, disponibles en poche pour quelques euros, qui ne vous sont vendus que dans l’édition originale, grand format, au prix fort. Pour d’autres livres de poche, le prix papier et le prix numérique sont les mêmes, alors que leurs coûts de diffusion n’ont rien à voir. On trouve même des livres plus chers en version numérique qu’en version papier ! Et quand les éditeurs proposent, comme certains l’ont fait pendant le confinement, des prix spéciaux pour satisfaire les lecteurs, ces offres ne sont pas disponibles pour toutes les liseuses sans qu’on comprenne pourquoi le lecteur dont la machine est de marque X se voit privé de ce qui est valable sur une machine de marque Y. 

Peut-être que cette politique de prix insensée a pour but de dissuader les lecteurs de lire au format numérique afin de protéger les librairies. Peut-être que les éditeurs n’ont aucun intérêt pour ce mode de lecture et le transforment en produit de luxe avec clientèle captive. Mystère à méditer en lisant Le Spleen de Paris de Baudelaire vendu, pour une fois c’est une affaire, au prix imbattable de 99 centimes d’euro dans la belle édition de Jean-Luc Steinmetz au Livre de Poche. 

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