Il est assis. Il lit sur son lit. C'est la nuit. Il lit "La Gloire de mon père" de Pagnol. Ses paupières tombent, mais il ne veut pas s'arrêter. 80 secondes pour parler de lecture.

80 secondes pour parler de lecture.
80 secondes pour parler de lecture. © Getty / WIN-Initiative

"Tu comprends, c'est trop bien Pagnol. T'entends les Cigales, t'y es quoi !"

Les deux mains en avant, j’écartais les térébinthes, et les genêts, qui étaient aussi grands que moi… J’étais encore à cinquante pas du bord de la barre, lorsqu’une détonation retentit, puis, deux secondes plus tard, une autre ! Le son venait d’en bas : je m’élançai, bouleversé de joie, lorsqu’un vol de très gros oiseaux, jaillissant du vallon, piqua droit sur moi.

Voir un adolescent de son temps. accro aux écrans découvrir les accents et le monde de Pagnol, je l'avoue, m'émeut. Entendre un libraire dire à nos confrères de France Bleu Nîmes que depuis le déconfinement c'est la littérature classique qui a repris ses droits, me fait réfléchir...

Le monde d'après serait-il un retour aux sources ?

Chaque été les médias nous donnent une sélection de lectures pour l'été. On prend ou on prend pas, mais quand même. Lire Le _Conte de Monte-Cristoest découvrir une langue. Ça peut être une pièce en alexandrins avec le truculent Cyrano de Bergerac_ d'Edmond Rostand et sa tirade du nez...

Moi monsieur si j'avais un tel nez... il faudrait sur le champ que je me l'amputasse...

Ca peut-être un roman de Zola fait de descriptions...

A cette heure dernière, au milieu de cet air surchauffé, les femmes régnaient. elles avaient pris d'assaut les magasins, elles y campaient comme en pays conquis (...) Les vendeurs, assourdis, brisés, n'étaient plus que leurs choses (...) Quarante mille ballons rouges avaient pris leur vol dans l'air chaud des magasins, toute une nuée de ballons rouges qui flottaient à cette heure d'un bout à l'autre de Paris, portant au ciel le nom du Bonheur des dames !

Ah... Zola et son Bonheur des dames !  Je continue de regarder attendrie cet ado avec son Pagnol. J'en vois un autre avec Le Conte de Monte-Cristo de Dumas.  Impossible de les décoller. Le temps d'un été, ils sont devenus accros. Ça change des écrans me dis-je... Mais le résultat est le même au final : quand il faut mettre la table, y'a jamais personne...

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