Citation : « L’épidémie suspend l’usage des sens et des plaisirs, le toucher, l’odorat, le goût, mais aussi l’écoute et la parole. Elle met aux arrêts non seulement les individus, confinés dans leur espace privé, mais la possibilité même d’une expérience communicable. »

Une  métaphore guerrière, lancinante, qui militarise une crise de santé publique, héroïse les hommes et les femmes qui sont en première et seconde ligne quand, il y a quelques semaines encore, les uns se battaient pour exercer leur métier dignement
Une métaphore guerrière, lancinante, qui militarise une crise de santé publique, héroïse les hommes et les femmes qui sont en première et seconde ligne quand, il y a quelques semaines encore, les uns se battaient pour exercer leur métier dignement © Getty / Morsa Images

Quatre-vingts secondes ce matin sur le texte plus qu’utile que Christian Salmon consacre à la manière dont l’épidémie déjoue les mots et les discours. C’est l’impossibilité d’un récit unifié, l’échec de toute « coronarration ».

Christian Salmon analyse par exemple la métaphore guerrière, lancinante, qui militarise une crise de santé publique, héroïse les hommes et les femmes qui sont en première et seconde ligne quand, il y a quelques semaines encore, les uns se battaient pour exercer leur métier dignement et les autres luttaient pour ne pas être remplacées par des machines. 

Salmon analyse aussi la parole littéraire 

Une parole à laquelle on demande de trouver de l’épaisseur au confinement, une métaphysique qui donne en fait du romantisme.

Quant à la parole politique, elle semble chercher partout, notamment dans la science, une légitimité perdue. Salmon la résume d’une phrase lapidaire écrite par une journaliste du Washington Post à propos de Donald Trump : 

Rien de rassurant dans ce qu’il dit d’exact, rien d’exact dans ce qu’il dit de rassurant.

C’est un texte dense et touffu, un texte aussi de colère donc parfois injuste : « Corronaration ou les parole gelées » de Christian Salmon, à lire sur le site AOC.

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