Il y a les livres de recettes qui pèsent une tonne de perfection, de photos de plats stylées, de recettes au gramme, tellement beaux qu’ils vous coupent quasiment l’appétit.

Détail de la couverture de Cuisiner, un sentiment par Jacky Durand
Détail de la couverture de Cuisiner, un sentiment par Jacky Durand © Editions de l'Épure.

Et puis il y a les autres qui savent que ce qui est bon, c’est tout simplement le temps qu’on passe ensemble autour d’un plat et le souvenir qu’on garde de ce moment. Quatre-vingts secondes ce matin sur le dernier livre du chroniqueur culinaire du quotidien Libération, Jacky Durand, qui explore combien cuisiner est un sentiment.

Sur la forme, imaginez un recueil de nouvelles, certaines sur des souvenirs d’enfances, d’autres sur des saisons, des lieux, de nombreuses aussi sur l’amour. 

A chaque fois, Jacky Durand raconte une histoire : les asperges du dimanche chez une vieille tante, le premier petit-déjeuner avec son amoureuse, un voyage en train pour chercher des harengs, le passage devant l’étal de l’épicier du coin.

C’est dans le fil de ces histoires que sont enchâssées les recettes

Elles s’y intègrent naturellement, comme dans la vie.

La tonalité du livre rappelle les polars des années 1950 ou certains films des années 1970 — un argot canaille qu’on a presque oublié, les « quilles », la « jactance », le « dur », la « bectance » et j’en passe.

Ce livre de cuisine, c’est un autoportrait, une photo de la France et un roman d’amour. Les titres de chapitres sont souvent désopilants, « quetsche que c’était chouette ! », « passe ton bock d’abord ! » sur la bière, « céleri, rave-party ». A la fin vient un bébé et là Jacky Durand fait moins le mariole en cuisine ! 

Cuisiner, un sentiment, aux éditions de l’Epure.

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