Il ne faut jamais juger un livre à sa couverture. Quatre-vingts secondes ce matin sur Arnys et moi de Philippe Trétiack. Arnys du nom de cette marque de vêtements de luxe, ayant entraîné la chute de François Fillon lors de la campagne pour l’élection présidentielle.

Détail de la couverture d'Arnys et moi de Philippe Trétiack
Détail de la couverture d'Arnys et moi de Philippe Trétiack © Editions Plein Jour

En lecteur voyeur, on se dit qu’on tient là un document croustillant, avec anecdotes et petites phrases, d’autant plus acide qu’il est écrit après la bataille.

Rien à voir. C’est un texte intime et sophistiqué, une scène de la vie parisienne, un petit bout d’histoire de France vu à travers la vitrine d’un tailleur. C’est une description non pas d’un magasin mais d’un salon, un cercle d’affinités discret où les élites, la noblesse d’Etat, la grande bourgeoisie, les politiques se rencontraient et discutaient entre deux essayages. 

Pour Philippe Trétiack, enfin, lui qui n’a jamais mis les pieds dans ce magasin, n’y a jamais rien acheté, c’est une sorte d’autobiographie par procuration, celle des descendants de ces Juifs ayant fui, avant la Seconde guerre mondiale, l’Europe de l’est pour la République française. Voilà donc un livre à la trame fine qui nous rappelle qu’étymologiquement, le texte c’est le tissu.

Arnys et moi de Philippe Trétiack, aux éditions Plein jour. 

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