Le 7 août 1919, le pilote de chasse Charles Godefroy décide de laver l'affront fait aux pilotes de la Grande Guerre qui ont dû défiler à pieds le 14 juillet précédent... Il réalise l'exploit de passer sous l'Arc de Triomphe en avion.

Charles Godefroy, aux commandes d'un Nieuport 27, passe sous l'Arc de Triomphe le 7 août 1919
Charles Godefroy, aux commandes d'un Nieuport 27, passe sous l'Arc de Triomphe le 7 août 1919 © AFP / Jacques MORTANE / Musée de l'Air et de l'Espace - Le Bourget / Agence Prieur-Bra

Et 80 secondes pour un exploit : c'était il y a 100 ans et un jour, le 7 août 1919. Charles Godefroy a pris les commandes d'un petit avion de chasse de 9 mètres d'envergure.

A huit heure du matin, il survole Paris au niveau de la Porte Maillot. Il pique le long de l'avenue de la Grande Armée et passe, sans encombre et un peu en biais, sous l'Arc de Triomphe, large de 14 mètres. 

Un ami photographe a été prévenu et immortalise ce moment. En revanche, les passagers d'un tramway, survolé par l'avion et effrayés par le bruit, ont pris la fuite ou se sont jetés au sol.

Charles Godefroy a 31 ans. Il fait partie des pilotes de guerre. Il est scandalisé par la décision de l'état-major qui refuse que des aviateurs survolent le défilé de la victoire, le 14 juillet 1919. Ils ont dû défiler à pied et l'ont vécu comme une humiliation. Leur rôle dans la Grande Guerre n'est pas suffisamment reconnu, alors il prépare en secret un coup d'éclat.

Charles Godefroy fait des répétitions en passant sous un pont à Miramas. Son vol parisien, le 7 août 1919 dure au total 20 minutes, avant de revenir à l'aéroport de Villacoublay.

Il ne sera pas sanctionné et une plaque dans sa ville natale, La Flèche dans la Sarthe, rappelle son geste aérien historique. L'Armée de l'air a envoyé une délégation lors de ses funérailles en 1958.

En 1981, un ancien pilote de chasse, Alain Marchand, a réalisé le même exploit : un vol sous l'Arc de Triomphe aux commandes d'un avion de 10 mètres d'envergure. Pour lui, 5000 francs d'amende.

Toujours dans les années 80, deux pilotes d'ULM ont eux choisi de voler sous la Tour Eiffel. Mais il y a 100 ans, on pouvait dire que c'était "bravache". Franky Zapata qui vient de traverser la Manche à bord d'un engin de sa création ouvre, lui, des perspectives bien plus fascinantes.

Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.