Ils sont consacrés aux saisons ou au temps qui passe. Quatre-vingts légères secondes ce matin sur deux petits recueils de haïkus publiés par le Seuil, illustrés d’estampes d’Hokusai.

La grande vague par Hokusai
La grande vague par Hokusai © Getty / VCG Wilson/Corbis

Merveilles de poèmes brefs, trois lignes, quelques mots qui captent une sensation, une perception, un moment fugace au rythme de l’éternité.

Je pensais à vous, amis auditeurs, à nous tous, vivant aujourd’hui une étrange expérience du temps.

"Rien d’autre aujourd’hui / que d’aller dans le printemps / rien de plus", dit un haïku. Ou cet autre, écrit au XIXe siècle, mais qui capte parfaitement l’étrangeté de ce printemps 2020 :

"Un monde de douleur et de peine / alors même que les cerisiers / sont en fleur." 

Le recueil des Haïkus du temps qui passe est classé selon différentes temporalités : la journée, l’année et la vie. Pour nos longues journées, je ne dis pas qu’elles ne sont pas denses ni pour certains, dehors ou dedans, harassantes :

"Attendre / le premier chant du coucou, / une éternité." 

D’autres haïkus me semblent en prise directe avec les parents et les enfants confinés sous le même toit :

"Ce petit enfant / pareil à une fleur éphémère —  / que de mauvaises herbes cet été ! »

Un autre envoie une grosse pierre dans le jardin, naguère zen, des pères : 

"S’il dit s’ennuyer en élevant ses enfants, / il ne peut comprendre / l’élégance des fleurs."

Enfin il y en a un, doux et tendre, sur les vieilles personnes : 

"Peut-être serai-je / une de ces heureuses personnes — / fin d’année de ma vieillesse."

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