Douceur d’un Intercités au petit matin, direction Brive. Hasard d’une rencontre dans un TER, direction Avallon. Wagon plein pour le grand départ de l’été dans un TGV, direction Perpignan.

Quatre-vingts secondes ce matin sur le livre que David Medioni consacre aux voyages en train. C’est sur Facebook et Instagram que ce livre est né quand, après un Paris-Quimper en TGV, David Medioni partage un rapide texte méditatif sur cette drôle d’expérience qu’est le train, « espace-temps réduit qui permet l’introspection, la créativité », parenthèse singulière où pendant une ou plusieurs heures « les pensées vagabondent ».

Qui sont les autres voyageurs du wagon ? C’est une question vertigineuse quand on s’y arrête un instant. La difficulté à y répondre fait le charme du train, ce moment et ce lieu où l’on partage en silence une forme d’intimité : certains sont en costume, d’autres concentrés sur leur ordinateur ou leur livre. Il y a les fumeurs qui s’échangent quelques mots et une cigarette avant de remonter à bord. Il y a ceux qui mangent, parfois des repas préparés et élaborés. Au fil des pages, s’impose l’impression qu’il y a toute l’humanité dans le hasard d’un wagon et la promesse de mille rencontres possibles — qu’elles n’aient pas lieu est finalement ce qui définit aussi le train.

Les trains ne sont ni identiques, ni égaux. Ils ne transportent pas les mêmes voyageurs et on y entend aussi l’écho des crises sociales. De tout cela, David Medioni tire un livre doux et mélancolique. Être en train, récits sur les rails est publié aux éditions de l’Aube.  

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