Vous avez sans doute déjà vu ces images. Quatre-vingts secondes ce matin sur un joli livre consacré à la série des Intimités de Félix Vallotton, peintre de la fin du XIXe siècle, peintre nabi mais aussi génial dessinateur de presse, notamment pendant l’affaire Dreyfus.

"La Paresse" par Félix Vallotton (1896)
"La Paresse" par Félix Vallotton (1896) © Getty

Cette série de dix bois gravés représente des scènes d’intérieur bourgeoises. Sur chacune : des titres énigmatiques, « le mensonge », « le triomphe », « la belle épingle », « cinq heures », « la santé de l’autre » ; du noir et du blanc ; un homme, une femme, dont on ne sait jamais vraiment s’ils sont époux ou amants.

L’écrivain Jean-Philippe Toussaint porte son regard sur cette série d’images mythiques. Et si elles représentaient ces chambres qu’on traverse dans nos rêves, une même atmosphère mais pas de relation identifiable entre les différentes situations ? L’historienne de l’art Katia Poletti retrace l’histoire de ces bois gravés, de leur édition en nombre extrêmement limité. Afin d’en assurer la valeur et même s’il l’a amèrement regretté par la suite, Vallotton avait d’ailleurs détruit les matrices qui auraient permis d’en faire des tirages infinis. Il n’en reste que des fragments, des pièces de bois que je n’avais personnellement jamais vues et qui sont reproduites pour la première fois dans un livre.

Perdez-vous dans ces scènes équivoques, sensuelles, ironiques. Le livre s’intitule Intimité(s)… et le regard de Jean-Philippe Toussaint, il est publié aux éditions Martin de Halleux. 

"La manifestation" par Félix Vallotton (1893)
"La manifestation" par Félix Vallotton (1893) © AFP / Artokoloro / Quint Lox / ARTOKOLORO QUINT LOX / Aurimages
"Le poker" par Félix Vallotton (1896)
"Le poker" par Félix Vallotton (1896) © AFP / Artokoloro / Quint Lox / ARTOKOLORO QUINT LOX / Aurimages
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