Quatre-vingts secondes sur la "visite post-apocalyptique" que propose le photographe Laurent Michelot dans les rues de Pripyat, cette ville située à 3 km de Tchernobyl, évacuée 24 heures après la catastrophe nucléaire de 1986. Les photos sont glaçantes mais habitées par l’étrange beauté des ruines.

A Pripyat
A Pripyat © Getty / Cavan Images

Les habitants n’eurent le droit de ne rien emporter, tout fut abandonné là. Laurent Michelot explore équipements publics, habitations, commerces, centres sportifs. Ici une fresque colorée, dans la tradition de l’art soviétique, étrangement intacte sur un mur délabré. Là, un jouet d’enfant, un camion, mangé par la rouille. Un caddy dans une épicerie, les meubles dévastés d’un ancien salon de coiffure. Aux abords de la gare, gisent les carcasses rouillées des wagons d’un train et un vieil autobus encore jaune. 

La poussière est partout, la mousse ronge les bâtiments, des arbres ont poussé — c’est d’autant plus fascinant que des photos d’archives permettent de voir ce qu’était cette ville avant la catastrophe.

Vous ne verrez pas un être humain dans les images de Laurent Michelot alors que Pripyat est devenue la destination d’un tourisme de la catastrophe et, de fait, un musée à ciel ouvert de la vie quotidienne à l’époque soviétique. 

Archiver ce ravage avant que le ravage touristique ne l’emporte : c’est aussi l’enjeu de ce livre. Tchernobyl, visite post-apocalyptique de Laurent Michelot est publié aux éditions Chêne.

Voir aussi le site de Laurent Michelot 

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