Fin du journal de 8 heures, il y a pile un mois, le 9 mars. Florence Paracuellos me rend l’antenne après un sujet sur le dernier album du rappeur Booba.

Booba en concert à We Love Green Festival en juin 2019 à Paris
Booba en concert à We Love Green Festival en juin 2019 à Paris © Getty / David Wolff - Patrick/Redferns

« Il faut toujours faire l’exégèse de la parole » me dit-elle ; « je vous laisse l’honneur » lui réponds-je benoîtement. L’échange, avouons-le, est d’une grande banalité. Mais quatre-vingts secondes ce matin sur l’article savant qu’Ulysse Rabaté consacre à Ultra de Booba, où cet échange, avec Florence, devient le symptôme d’une incompréhension voire d’un désarroi, démontrant que le rap est « encore largement conçu (…) comme l’expression d’un divertissement ou d’un défoulement sans valeur théorique ou éthique ».

Ulysse Rabaté prend donc la question à bras-le-corps et montre comment le rap poursuit, tout en s’en émancipant, certains des combats anciens de la gauche

Les rappeurs ne sont évidemment pas des militants encartés, ils ont pris leurs distances depuis longtemps avec toute forme de récupération politique. Mais le rap formule selon Rabaté une « prétention politique instantanée ». Il fabrique « une forme nouvelle de radicalité politique, pensée (…) dans un cadre radicalement démocratique ». Si des paroles de rap se retrouvent sur des banderoles dans les manifs, c’est parce que les « revendications sonnent juste » et s’appuient sur la puissance d’une culture populaire et donc partagée.

Je le confirme : oui, il faut toujours faire l’exégèse de la parole. Et je laisse sans problème l’honneur à Ulysse Rabaté ! Ultra de Booba, autopsie d’un retour de la politique est à lire le site AOC.

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