Il faut saluer le sang-froid des grands médias américains qui ont pris tout le temps et les précautions nécessaires pour que leurs projections de la victoire de Joe Biden soient incontestables.

Face aux élections américaines, la prise de position des journalistes
Face aux élections américaines, la prise de position des journalistes © Getty / Dmitry Kirsanov\TASS

Mais il y eut parfois aussi, quatre-vingts secondes ce matin, un petit parfum de vengeance et de curée sur les plateaux télé, les réseaux sociaux où des journalistes se sont lâchés pour dire leur émotion, leur joie mais aussi leur haine de Trump.

Dans le registre narquois et ironique, cette vidéo du très sérieux New York Times avec de grands athlètes ou politiques qui tous, à un moment de leur carrière, ont su reconnaître une défaite et saluer un vainqueur. Essaye, Donald, toi aussi tu peux le faire. Dans un registre plus brutal, l’ensemble de lettres d’adieu du site Slate : adieu Ivanka Trump, adieu Jared Kushner, au revoir les « sources républicaines anonymes » qui débinaient Trump en off et mangeaient au double râtelier de la fausse morale privée et du cynisme public. On espère vous entendre nous dire « no comment » quand vous serez trainés en justice.

Certes, les journalistes, surtout des médias progressistes, ont été brutalisés pendant quatre ans, menacés, méprisés par Trump. Mais ces bouffées de joie mauvaise disent aussi que Trump a gagné : il aura amené chacun, y compris les meilleurs journalistes, à choisir son camp et à céder parfois à l’ivresse de l’injure.

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