En bon français, ça s’appelle du « hate watching » soit le plaisir pris à détester regarder, par exemple, une série télé.

Image promotionnelle de la série "Emily in Paris"
Image promotionnelle de la série "Emily in Paris" © Carole Bethuel/Netflix

« Méprisionner », contraction de « mépris » et de « visionner », a été proposé comme traduction possible. Quatre-vingts secondes ce matin sur un navet, mon dieu quel navet, avec la série Netflix Emily in Paris, qui raconte les tribulations d’une jeune américaine envoyée ici, dans la capitale, pour développer le marketing numérique d’une boîte de comm’. 

Les huit épisodes enfilent les clichés — les Français sont hâbleurs, fumeurs, dragueurs, mangeurs, buveurs, pour l’un restaurateur, « french lover » mais pas instagrammeurs. La capitale se résume au Jardin du Luxembourg, à l’Opéra, à la Tour Eiffel et à Montmartre. L’héroïne ose le béret, vit dans une chambre de bonne qui m’a l’air de faire un bon 50m2. Le placement de produits, fringues, sacs, marques de luxe, prend de telles proportions qu’il touche au sublime.

On doit la série à la créatrice de Sex and the city, cette « grande série sur le cul » (pardon my french), Emily in Paris explorant, elle, « le cucul » (pour citer une amie). Outre-Atlantique, la presse a bien reçu le nanar mais rend compte aussi du grand éclat de rire qui l’a accueilli en France. Ne vous lancez pas dans le visionnage de cette série ! Comme l’ensemble du bureau du 7/9, vous détesterez mais perdrez 5 bonnes heures devant votre télé. Emily in Paris est cette semaine la série la plus regardée sur Netflix en France, Netflix qui sur Twitter vous invite d’ailleurs à inventer un Emily dans chaque ville de France. Avec les clichés qui vont avec.

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