Le livre est sorti en poche début novembre mais il faudrait quasiment l’acheter d’occasion, froissé, écorné pour retrouver un peu de la crasse originelle des « pulp fictions », ces romans populaires à bas prix qui exploraient ces « mauvais genre » qu’étaient le polar ou le western.

Quatre-vingts secondes ce matin sur Les spectres de la terre brisée de S. Craig Zahler. On est en 1902 dans le sud des États-Unis. Deux sœurs ont été enlevées et sont contraintes à la prostitution. Leur père et leurs frères, accompagnés d’un tueur à gages, d’un esclave affranchi, d’un guerrier Indien, d’un dandy raffiné et d’une malle mystérieuse, partent à cheval les délivrer dans les montagnes du Mexique. Voilà la trame de ce roman de vengeance. 

Et c’est, sur 432 pages, un déchaînement de violence et de cruauté, un film gore planté dans un western. Les rares personnages ayant une substance morale l’abandonnent plus ou moins rapidement et se laissent dévorer par la haine. Rien n’est drôle dans ce roman qui finit toutefois par être comique tellement il est excessif.

S. Craig Zahler a plusieurs vies. Il est batteur dans un groupe de hard-rock, scénariste, réalisateur de films dans la même veine que ce roman qui se lit comme on prendrait une cuite. Les spectres de la terre brisée est traduit par Janique Jouin-de Laurens et publié en poche, dans la collection « Totem » des éditions Gallmeister.

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