Du COVID, on a les chiffres quotidiens, nombre de cas, d’hospitalisations, d’admissions en réanimation.

Une malade du Covid
Une malade du Covid © Getty / Morsa Images

On a aussi les images, respirateurs, patients intubés. Mais cela permet-il de saisir toute la réalité de la maladie ? Quatre-vingts secondes ce matin sur le texte que publie le politiste Michel Offerlé. A 73 ans, il a « attrapé » le COVID. Après quelques jours d’essoufflement, de fièvre et de grande fatigue, il a retrouvé une vie normale : il monte à nouveau ses cinq étages à pied et se déplace à vélo. Il cuisine aussi : « pintade aux choux », « petit salé aux lentilles », le tout arrosé d’une bouteille de Maranges.

« En sociologie, nous sommes, « nous les guéris du COVID », ce que l’on appelle un groupe latent sans porte-parole » écrit Michel Offerlé. 

Et c’est vrai que les guéris, on ne les définit pas, on ne les accompagne pas, on ne sait d’ailleurs pas s’ils le sont vraiment et on n’en dresse pas non plus de statistique précise. Or, les guéris, « petits soldats invisibles de l’immunité collective », pourraient contrebalancer la perception que nous avons du COVID qui nous plonge dans « l’hébétude » et « la panique ». Reconnaître les guéris, leur parcours, leur nombre, ce n’est pas nier la dangerosité de la maladie, c’est en rendre visible un autre aspect qui permettrait de casser « la spirale de l’effroi » dans laquelle nous nous trouvons. 

Ce texte est une lettre ouverte à Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique et, plus largement, à tous ceux qui prennent ou donnent la parole sur le COVID. A lire sur le site du quotidien d’idées AOC. 

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