Tout le monde, depuis l’épidémie de COVID, a fait le constat de l’utilité voire de l’emprise du numérique sur nos vies. Mais encore faut-il les mots pour bien décrire le phénomène.

Quatre-vingts secondes ce matin sur un « petit lexique du smartphone en temps de pandémie » que propose l’anthropologue Nicolas Nova. 

Alors, allons-y. A comme « apnée de l’email », soit « l’arrêt momentané́ de la respiration lors de l’écriture d’un email, ou avant de voir s’afficher les messages reçus ». D comme « doomscrolling », composé du terme doom (malheur) et scrolling (faire défiler avec le doigt une page sur son écran). Le « doomscrolling », donc, désigne « l’action de déroulement sans fin (…) à la recherche d’informations négatives et de catastrophes en tout genre ». J’aime beaucoup aussi l’« hypovibrochondriaque », ceux qui croient toujours que leur portable est en train de vibrer (j’en souffre d’une forme sévère). Il y a aussi la « téléphoniphobie » qui désigne la peur panique de recevoir un appel vocal au lieu de SMS et autres messages écrits.

L’abécédaire est court, désopilant mais fondé sur une large enquête de terrain auprès d’usagers, propriétaires ou givrés du portable. Ces travaux ont fait l’objet d’un livre savant, Smartphones, une enquête anthropologique publiée en juin dernier. Quant à l’abécédaire, il est à lire sur le site du quotidien d’idées AOC

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