Il avait 82 ans, elle en avait 40 de moins. Il était le « Père la Victoire », le « Tigre » et elle, éditrice chez Plon. Il vivait seul à Paris, mangeait de la soupe à l’oignon la nuit, elle était mariée, il ne lui restait que 3 enfants.

Georges Clemenceau âgé (portrait non daté)
Georges Clemenceau âgé (portrait non daté) © Getty / ullstein bild

Le 2 mai 1923, ils se rencontrèrent. Quatre-vingts secondes ce matin sur le livre que notre consœur Nathalie Saint-Cricq consacre à l’histoire d’amour qui unit Georges Clemenceau et Marguerite Baldensperger

On peine à imaginer Clemenceau, colérique, méchant, d’une ironie mortelle dont toute la classe politique de l’époque a fait les frais, et Baldensperger, issue de la bourgeoisie intellectuelle à laquelle elle imposa ses choix. De l’amour, il y en eut évidemment, en témoignent les 670 lettres que Clemenceau lui adressa. 

Il n’en reste plus d’elle car elle lui demanda de les détruire. En imaginant le journal intime de Marguerite, Nathalie Saint-Cricq lui rend la voix qu’elle mérite et que l’histoire a effacée, pour essayer de comprendre ce qui unissait ces êtres si différents. Sans doute faut-il chercher du côté de la mort et de ce pacte : « je vous aiderai à vivre, et vous m’aiderez à mourir ».

C’est un livre drôle et émouvant dans lequel, à côté de l’amour, on croise aussi l’amitié absolue, majuscule qui unissait Clemenceau au peintre Claude Monet, deux vieux briscards, deux compagnons de colère. 

Je vous aiderai à vivre, et vous m’aiderez à mourir de Nathalie Saint-Cricq est publié aux éditions de l’Observatoire. 

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