Je profite qu’elle ne soit pas là le vendredi pour partager ce matin avec vous quatre-vingts secondes sur le livre que publie ma copine de micro et néanmoins amie Léa Salamé.

Vous avez été très nombreux à télécharger son podcast Femmes puissantes, cette série d’entretiens fouillés avec des femmes de tous horizons politique, intellectuel, professionnel — Leïla Slimani, Elisabeth Badinter, Christiane Taubira, Béatrice Dalle pour n’en citer que quelques-unes. Le résultat, désormais disponible en librairie, campe un paysage d’une extraordinaire variété de points de vue. Toutes ces femmes ont un féminisme différent mais un féminisme assumé.  

On ne nait pas féministe, on le devient : dans une préface très personnelle, Léa Salamé avoue « venir de loin » sur le sujet et avoir eu un cheminement tortueux. D’abord, une forme d’indifférence à l’ombre de Simone de Beauvoir, de Simone Veil et des 343 salopes du manifeste sur l’avortement. L’essentiel semblait acquis, il n’y avait plus grand combat à mener sinon dans le milieu professionnel. « Tu seras un homme, ma fille » lui disait son père, invitation que le bolide Salamé prit au pied de la lettre jusqu’à la vague Me Too, jusqu’aux mots d’Annie Ernaux qui ne croyait pas voir de son vivant la révolution des femmes. Jusqu’à la gêne de toutes ces femmes interviewées en 2019, réticentes à se dire puissantes, alors que c’est si facile pour un homme. Dans cette préface, on voit qu’il n’y a pas que des conversions mystiques, d’autres sont aussi intellectuelles et militantes.

A toutes les pages de ce livre, il y a de l’honnêteté, de la complexité, de la force et du courage. Livre puissant que ces Femmes puissantes, en librairie, co-édition France Inter/Les Arènes.

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