C’est l’une des plumes les plus affûtées du New York Times, qualité bien utile quand on y tient l’éditorial de la section média.

Parmi les émeutiers du capitole, Ben Smith, plume du New York Times a reconnu  le jeune Anthime Joseph Gionet, l'un de ses anciens collègues
Parmi les émeutiers du capitole, Ben Smith, plume du New York Times a reconnu le jeune Anthime Joseph Gionet, l'un de ses anciens collègues © Getty / Michael Nigro/Pacific Press/LightRocket

Quatre-vingts secondes ce matin sur l’étrange article que consacre Ben Smith à l’un des assaillants du Capitole ayant retransmis l’attaque sur les réseaux sociaux.

L’éditorialiste bon teint du New York Times et l’émeutier furent collègues de bureau

Ben Smith dirigeait alors Buzzfeed où le jeune Anthime Joseph Gionet avait la charge de « viraliser » les contenus qui ont fait la patte de ce site internet, comme les vidéos rigolotes, sans intérêt mais que tout le monde regarde. C’est donc là, dans l’un des temples de la coolerie numérique, qu’il a découvert l’adrénaline de l’attention, le shoot des contenus vus par des milliers ou des millions d’internautes, la dynamique mécanique des clics. 

Après Buzzfeed, il se déporte de plus en plus à droite, casquette rouge sur la tête, antimasque et pour finir, donc, émeutier du Capitole.

L’article est le récit de la gueule de bois de Ben Smith et de sa prise de conscience du pouvoir des réseaux sociaux, tel que Buzzfeed l’a « aiguisé », exerçant « une attraction gravitationnelle presque irrésistible ». Si l’examen de conscience est sincère, il s’inscrit aussi dans ce qui est devenu un genre à part entière : le mea culpa d’acteurs du monde numérique horrifiés par les monstres qu’ils ont enfantés. C’est évidemment utile, c’est sans doute aussi bien tardif.

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