Retour aux choses sérieuses ! J’ai enfin pu mettre la main dessus : quatre-vingts secondes ce matin sur le dernier numéro de la revue "America".

Étrange expérience de lecture : le volume a manifestement été pensé avant l’épidémie de coronavirus, particulièrement meurtrière aux États-Unis. En tête de volume, la chronologie de l’actualité américaine qui couvre les mois de janvier et février, il y a deux mois et demi seulement, c’est-à-dire il y a un siècle, a déjà la couleur jaunie des vieux papiers.

La question qui fait la une du numéro reste entière et le restera longtemps, encore plus avec cette épidémie : « À quoi rêvent les jeunes ? ». Mais c’est surtout vers le très long entretien que l’écrivain Richard Powers accorde à François Busnel que je voudrais vous renvoyer — un entretien sur les arbres, la forêt, cette communauté végétale si proche de la communauté humaine. « Je me suis demandé ce qui avait rendu possible la toute-puissance arrogante des Américains. La réponse est : le massacre des arbres » dit Richard Powers. Ses propos ne sont pas une bucolique balade de sous-bois mais plutôt un exercice de pensée intense dont l’unité de temps serait les milliers d’années d’un sequoia.

Revenons un instant à New-York. Jay McInerney se souvient de la ville bohème de la fin des années 1970 et du début des années 1980, une ville désormais chère et inhospitalière aux artistes. Qu’écrira-t-il bientôt du New York épicentre de l’épidémie ? Ce sera intéressant sans aucun doute à lire dans America.

(America, quatre numéros sur quatre années de mandat présidentiel aux États-Unis, lancé par François Busnel, présentateur de La Grande Librairie, sur France 5, et Éric Fottorino, directeur de l’hebdomadaire Le 1, ce mook raconte l’Amérique à hauteur d’homme et sans préjugés : sa beauté, mais aussi ses failles et ses fêlures. Disponible en kiosque et librairie.)

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