De telles chartes existent aussi dans plusieurs médias français mais celle qu’a présentée la BBC il y a dix jours est nettement plus exigeante.

Quatre-vingts secondes ce matin sur les nouvelles règles que l’audiovisuel public anglais exige désormais des animateurs radio, télé, des journalistes présents sur les réseaux sociaux. Sur le papier, l’idée est de protéger la réputation de la BBC et surtout son impartialité.

Exit donc les tweets politiques, les posts polémiques ou les mobilisations en ligne. Attention aussi aux partages, aux retweets, aux « like », aux comptes auxquels les employés de la BBC sont abonnés : de tous ces micro-engagements, pourtant au principe des réseaux sociaux, peuvent se déduire des biais qui, en eux-mêmes, nuisent à l’impartialité. Au fond la règle est simple : ne doit s’écrire sur les réseaux sociaux que ce qui pourrait être dit sur un plateau télé ou au micro d’une des antennes de la BBC. Il semblerait que la participation à des manifestations, comme celles pour les LGBTQ ou Black lives matter, soit aussi à éviter si les mots d’ordre sont controversés ou clivants.

Ces recommandations sont publiées après une longue campagne menée par les Conservateurs au pouvoir qui accusent la BBC d’avoir été trop anti-Brexit. Le nouveau patron de la BBC, Tim Davie, jadis Conservateur lui-même, donne-t-il des gages ? Cette charte restera-t-elle déclarative ou sera-t-elle appliquée ? Une chose est sûre : l’équilibre entre la liberté d’expression d’un journaliste et la loyauté à son média et à ses collègues n’est pas qu’une question britannique, nous pouvons aussi nous la poser en français.

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