« Dieu a créé la guerre pour que les Américains apprennent la géographie ». C’est sur cette citation de Mark Twain que s’ouvre le dernier numéro de la revue America dont le dossier principal est consacré aux relations que la première puissance mondiale entretien avec la guerre.

Indépendance, Guerre de Sécession, les deux conflits mondiaux, la Corée, le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan et puis la guerre comme métaphore, guerre contre la drogue, guerre contre le crime, guerre contre le terrorisme.

Comme d’habitude dans cette revue, ce sont les écrivains qui en parlent le mieux : l’ancien militaire Kevin Powers, engagé en Irak, qui montre que les Etats-Unis pensent désormais qu’une guerre est juste parce qu’ils la font et non qu’ils la font parce qu’elle est juste. Elliot Ackerman, lui aussi soldat, publie un texte d’une grande limpidité sur ce qu’on apprend à la guerre et sur ce que son pays a oublié — le prix humain de ces conflits. Je vous en disais un mot la semaine dernière : Don Winslow revient longuement dans ce numéro sur l’échec de la « guerre à la drogue » menée par les USA depuis Nixon, avec la militarisation d’un problème de santé publique. Enfin, une enquête édifiante de Jenifer Haigh sur les femmes dans l’armée américaine, harcèlement, agression, lutte pour l’égalité. L’armée « ne sait pas très bien pour quoi les femmes sont faites », écrit-elle.

Une fois de plus, c’est un numéro brillant, qui résonne avec l’actualité. America, numéro 12, L’Amérique aime-t-elle la guerre ?

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