Il y a un charme très particulier aux vieilles photos noir et blanc rendues à la vie par la colorisation.

Extrait de la couverture du livre "Ils vivaient en couleurs"
Extrait de la couverture du livre "Ils vivaient en couleurs" © Editions du Chene

Quatre-vingts secondes ce matin sur un livre d’images intitulés Ils vivaient en couleur, 250 photos couvrant la période 1838-1945, regroupées en différents chapitres sur l’enfance, les transports, l’érotisme, les villes, l’école, la mode et j’en passe. 

L’ensemble consacré aux « métiers d’antan » est étonnant et émouvant : voici les matelassières des quais de Seine à Paris, les porteuses de glace, l’allumeur de réverbères, la marchande de soupe. Je découvre, en lève-tôt de la radio, le réveilleur public qui, le matin, avec sa longue perche de bambou, venait frapper à votre fenêtre pour vous sortir du lit. Sans oublier les enfants de 5 ou 6 ans, des minots pieds nus, vendeurs de journaux à la criée. On reste stupéfait devant d’autres images comme celles de Toulouse-Lautrec et son modèle (en 1894) ou de Picasso avec son épouse Olga (en 1919) : elles ont plus d’un siècle, on croirait qu’elles ont été prises il y a 20 ans.

Toutes les colorisations ne sont pas réussies, certaines ressemblent à des photos noir et blanc repeintes à la main, à l’ancienne. Plusieurs images d’atrocités, de torture, une de pogrom, une autre du ghetto de Varsovie, une autre enfin des camps de la mort suscitent le malaise : toutes les photos méritent-elles vraiment d’être en couleurs ? A-t-on besoin de coloriser la barbarie pour en prendre la mesure ? Sans doute pas mais c’est aussi la question que posent la colorisation des images et ce livre. 

Ils vivaient en couleur d’Aude Goeminne, aux éditions du Chêne.

Contact