En la matière, il ne faut jamais faire le mariole ni donner trop de leçons à ses confrères et consœurs parce que, pourvoyeurs de tics de langage et de clichés, on l’est toujours trop.

Quatre-vingts secondes ce matin sur celui repéré par Dov Alfon, le correspondant du quotidien Haaretz en France — ça fait toujours mal quand ça vient d’un amoureux de notre pays et de notre langue !

En ligne de mire (cliché), l’expression « les grands oubliés ». Au début de l’épidémie, ce furent, à juste titre, les infirmières psychiatriques qui furent rangées par la presse dans cette catégorie, puis les ambulanciers. Très vite, les podologues entrèrent dans la danse, grands oubliés de la crise comme les professionnels du tourisme, le secteur funéraire et les fleuristes. 

Sur Inter, l’une de nos invitées, psychothérapeute, sonne l’alarme sur les enfants, grands oubliés eux-aussi, Libération étendant le concept aux « artistes plasticiens ». 

Dov Alfon note avec malice que les poissons accédèrent au statut et enfin, parce qu’on est en France, sont arrivés « les fromages appellation d’origine protégée et indication géographique protégée » qui furent décrétés grands oubliés de mesures ministérielles. 

La liste donne une idée de l’ampleur de la crise, le sujet n’est évidemment pas de le nier. Dov Alfon nous invite simplement à oublier l’expression les « grands oubliés » et à inventer de nouveaux clichés. Message bien reçu, une prochaine fois on parlera du verbe « impacter ». 

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