Qu’on croit au ciel qu’on n’y croit pas. Qu’on fête l’Ascension, l’Aid ou simplement un bon repas. Qu’avons-nous tous en commun ?

Qu’on croit au ciel qu’on n’y croit pas. Qu’on fête l’Ascension, l’Aid ou simplement un bon repas. Qu’avons-nous tous en commun ? La poubelle !
Qu’on croit au ciel qu’on n’y croit pas. Qu’on fête l’Ascension, l’Aid ou simplement un bon repas. Qu’avons-nous tous en commun ? La poubelle ! © Getty / Peter Dazeley

Réponse formidable de Marguerite Duras à la fin de son livre de cuisine, car Duras a AUSSI écrit un livre de recettes. Et c'est à méditer le ventre plein. 

J’ouvre les guillemets : 

Ce qui nous réunit, c’est le monde des poubelles de notre monde, ces poubelles pleines d’épluchures de nos contemporains qui vivent, mangent, mangent pour se conserver, durer, durer le plus qu’ils peuvent, et qui digèrent, assimilent, suivant un métabolisme qui nous est commun, avec une persévérance si grande, si grande vraiment quand on y pense, qu’elle est aussi probante, à elle seule, de notre commune espérance que les plus fameuses de nos cathédrales. Et cet énorme chant de l'humaine rumination chaque jour commencée, chaque jour repris à l'aurore, par la benne de sa rue, c'est le chant, qu'on le veuille ou non, de l'irréductible communauté organique des hommes de son temps. Ah ! plus d’étranger ni d’ennemi qui tienne devant la benne ! Tous pareils devant la gueule énorme et magnifique de la benne, tous estomacs devant l’Eternel. Car, pour la bonne grosse gueule de la benne, pas de différences. 

Extrait Poubelle de Serge Reggiani

« La cuisine de Marguerite » est publié chez Benoît Jacob ! 

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