80 secondes pour vous parler de l'ex-roi d'Espagne Juan Carlos. Il y a cinquante ans tout juste, le 15 juillet 1969, le dictateur Franco le choisissait comme successeur, et pendant les six années qui ont suivi, jusqu'à la mort du caudillo, Juan Carlos s'est parfaitement glissé dans le rôle du disciple...

Le roi Juan Carlos d'Espagne signant ses papiers d'abdication en 2014
Le roi Juan Carlos d'Espagne signant ses papiers d'abdication en 2014 © Getty / Casa de Su Majestad el Rey via Getty Images

Résident avec sa famille au palais du dictateur de la Zarzuela, présent à ses côtés lors des cérémonies officielles, chef d'Etat par intérim quand Franco tombe malade, Juan Carlos semble suivre la voie qui lui a été indiquée. A la mort du tyran fin 1975, il ne semble pas en dévier puisqu'il maintient le Premier ministre franquiste à son poste et prête serment devant les Cortès. 

Mais en quelques années, il fait adopter une constitution démocratique par le parlement puis par référendum, il légalise le parti communiste et demande aux soldats de ne pas rejoindre les soldats putschistes qui ont pris le parlement démocratiquement élu. Le 15 juillet 1969 Franco pensait avoir adoubé un Bourbon sous influence, Juan Carlos s'est révélé un roi déterminé, démocrate, habile et courageux.

Cela n'enlève rien aux révélations ultérieures : ses adultères, son goût douteux pour le safari, sa fortune sur fonds publics mais cette histoire débutée il y a 50 ans tout juste prouve que parfois, les révolutions sont des transitions. Qu'elles peuvent ne pas être d'un bloc, pour paraphraser Clemenceau.

► Une page d'histoire racontée dans un documentaire passionnant diffusé sur France 3 et à revoir sur le site de la chaîne : "Moi, Juan Carlos, roi d'Espagne".

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