Pendant 5 semaines, j'ai attendu le vendredi. J'ai attendu de les lire. Parce que leur façon de dire, de lire et d'écrire la société m'intriguait. 80 secondes pour vous dire que le journal Le Monde achève aujourd'hui sa série des Grands Entretiens des Grands écrivains.

Elfriede Jelinek, autrice de La Pianiste, en 2004 chez elle à Vienne en Autriche
Elfriede Jelinek, autrice de La Pianiste, en 2004 chez elle à Vienne en Autriche © Getty / Sophie Bassouls

Ce matin donc, l'Autrichienne Elfriede Jelinek. L'auteure de La Pianiste... Prix Nobel de littérature en 2004. 

Depuis 15 ans, elle a pris de la distance. Un choix dicté en partie par son anxiété maladive. Mais cela ne veut pas dire qu'elle s'est coupée du monde. La modernité du numérique lui permet de rester dans le temps présent et de s'exprimer sur des sujets de société. C'est cash parfois, ironique à d'autre moment... 

A la question : "Vous considérez vous toujours comme une artiste engagée ?" 

Voici sa réponse : 

Artiste engagée... c'est presque devenu une insulte. Dans leur grande majorité, ceux qui écrivent aujourd'hui revendiquent plutôt le fait d'être politiquement incorrects. 

Et ça l'énerve Elfriede Jelinek. Quand on est écrivain, on n'a pas le choix dit-elle. 

On ne peut pas faire autrement. On ne dévoile pas le racisme ou le sexisme d'une langue en l'édulcorant ou en inventant d'autres mots parce que les anciens sont usés. Ce n'est pas en féminisant la langue que l'on parviendra à l'égalité des sexes...  Il faut sans cesse faire éclater la plaie pour en faire sortir le plus.

Est-ce le devoir de l'écrivain ? 

Haruka Murakami disait : 

Je suis romancier... Mon travail est de ­proposer des histoires... pas de produire des commentaires. Si je fais trop de déclarations, cela va nuire à mon travail de romancier. Il faut donc trouver un équilibre. L’un des problèmes les plus importants aujourd’hui... c’est celui du populisme, et de la montée de l’extrême droite. Je pense qu’il va falloir que je donne mon avis dessus. Mais si j’ai quelque chose à en dire, je veux le faire en prenant le temps de peser mes mots.

Les mots... Ismaïl Kadaré, l'écrivain Albanais, explique que sous la dictature : "Vivre pour moi... c'était créer de la littérature".

La conclusion de ces entretiens d'écrivains dans Le Monde ? Donnons la à l'Anglais Jonathan Coe : 

Quand vous parlez à des écrivains, vous devez toujours vous rappeler que ce ne sont pas des gens normaux...  

Qui l'est en même temps ?

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.